"Je m'appelle Purity, et j'ai perdu mon sens de l'humanité..."

"Je m'appelle Purity, et j'ai perdu mon sens de l'humanité..."
Ceci est une nouvelle/fiction écrite par Rémy C. Elle raconte l'histoire d'un jeune adolescent, Purity, qui sous le poids du malheur et de la pauvreté de sa famille embrasse les doctrines néo-nazis, et se laisse envahir par la haine et le racisme, devenant le rejet d'une société dite trop souple d'après lui. La fiction est racontée par lui-même. Attention, ce texte contient de nombreuses choses ayant rapport avec le racisme, le fascisme, le mouvement néo-nazi, et la haine. Cela ne fais pas de moi un raciste ou un fachô, bien entendu.

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BLACK HEART, WHITE SKIN.


Bonjour, je m'appelle Purity Lett, je suis né le 12 décembre 1992, et habite dans un petit quartier d'une grande ville. Je décide enfin d'écrire mes maux, car demain, sûrement, je ne pourrais plus jamais écrire, ni même faire autre chose. Oui, demain, je vais sûrement mourrir, c'est d'ailleurs même une certitude vue la situation critique où je suis, où mes choix m'ont mené. Je vais écrire pour raconter mon histoire, celle de quelqun qui pense avoir gâché sa vie maintenant. Celle de quelqun qui voulait juste de meilleures lendemains, se vengeant des choses qui ont fait de ma vie un cauchemar.

J'avais une vie simple, dans un quartier pauvre de ma ville. Mes parents étaient à l'époque ouvriers lorsqu'ils m'ont mis au monde. Nous habitions tous les quatre, avec mon grand frère, dans un appartement miteux près d'une école abandonnée par l'état aujourd'hui, mais où j'y ai fait mes études jusqu'à l'âge de 10 ans. Ma famille a toujours été soudée, même dans les pires moments, et ça jusqu'elle se brise en mille morceaux. Dès ma plus jeune enfance, j'avais une personnalité propre. Timide, introvertie, renfermé sur soi, étaient les mots avec lesquels on me qualifiait le mieux. Un détail important qui suivra l'histoire : mon quartier était surtout habité par des immigrants venant d'Afrique, d'Asie, et du Maghreb. Pourquoi ce détail est-il si important ? Car il sera la raison de ma chute, de ma pire chute...

C'est de mon grand frère, Luka, que j'ai tout apprit. Sa présence était la chose la plus importante pour moi. J'ai fais les 400 coups avec lui, j'ai bu ma première bière et fumé ma première cigarette à ses côtés, nous trainions lui et sa bande dans l'école abandonnée d'en face, nous nous battions contre les mêmes adversaires... C'est vers l'âge de mes 12 ans, et de lui ses 17, que je remarquais que chez lui, et tout autours de moi, les choses changeaient. La crise économique s'intensifiait, touchant les plus pauvres, l'immigration montait, et lui, changeait. De style, de gouts musicaux, de façon de pensée... Sa chambre n'était plus décorée par les super héros de Marvel mais étaient couverts d'affiches et de tracts de propagande anti-immigration et de mouvements d'extrême-droite. Il avait changé, sa bande le suivait, tous chantant à tue-tête des paroles de Skrewdriver ou d'autres groupes prônant la haine et le racisme, tout en faisant le signe de salut nazi dix fois toutes les dix minutes. Je ne les avait pas suivit dans leur mouvement, jusqu'à un soir, où ma vie bascula.
Il faut dire avant tout que se faire traiter de sale blanc, entendre les moqueries de ces gens de couleurs sur ma famille, était devenu une habitude. Quand on y pense, je suis dans mon propre pays, qui accueille les mêmes gens qui nous insultent, nous méprise. Mes parents travaillent et donnent leur salaire pour nourrir les gamins de ces gens, qui ont toujours cherché, disait mon frère, à foutre la merde dans notre pays. Il continuait, en parlant d'invasion, de guerre raciale, l'immigration était pour lui un handicap. C'était pour lui, eux, la délinquance, eux, qui violaient les femmes, qui imposaient leurs religions. Plus je l'écoutait, plus je le comprenait, voyant un vieillard, blanc, mendiant à côté d'un noir, habillé chic, ouvrant la porte de sa belle cylindrée. La couleur est-elle synonyme d'immigration ? Sûrement que non, du moins, à l'époque, jusqu'à aujourd'hui, je ne faisais pas la différence. Un beau soir, rentrant avec mon frère dans l'appartement, nous entendions les pleurs de notre mère, sanglotant dans les bras de notre père. Tous deux venaient d'être virés de leur emploi, remplacés par des immigrants travaillant au noir. Une injustice qui me fera décidement basculer du côté de la haine, après les quelques injures et discriminations de plus subies dans mon quartier, ainsi que l'hospitalisation de mon père pour coups et blessures suite à une agression par arme à feu de deux personnes, toutes deux de couleur noire. Mon égo se sentait mal dans ce quartier, je le sentais, souillé, réduit à un état d'asservitude des personnes de mon pays par les immigrants. Nous étions à leurs bottes, et ils nous écraisaient, voilà ce que je pensais désormais. Mais, je croyais que ces malheurs m'avaient en fait, ouvert les yeux. Je voyais, avec mon frère et toute sa bande, un espoir, une lutte, une motivation. Je croyais avoir trouvé ma voie, dans ce qui est en fait une chute pire que la mort, une chute, dans la haine, et le mal absolu.

C'est à l'âge de mes 15 ans que ma lutte commença, mes soirées étant occupées par les bagarres, les tags sur les murs des symboles qui attachaient ma cause (croix gammées, le chiffre 88), cassage de vitres des établissements occupés par des "négros", des "bougnoules", ou des "jaunes". J'utilisais désormais ces mots pour qualifier les gens de couleurs, ma langue fouettant mes lèvres avec haine à chaque syllabe. J'étais blanc de peau, mais mon âme était devenu noire, aussi noir que l'encre. Mes économies partaient dans l'achat d'un arsenal de rue (couteaux, batte de basebal...), d'équipements et vêtements paramilitaires. J'étais devenu un soldat, un soldat d'une lutte, d'une riposte à une sois-disante invasion. J'en avais oublié mes parents, mes études, mes petites amies. Tout ma vie était consacrée à cette lutte. J'en était devenu un marginal, un pur rejet de la société. J'étais quelqun de hais par les gens et qui les haïssait. Mais, ce n'est que ce soir, à la veille d'une journée, qui sera sûrement ma dernière sur cette planète, que je me remet en question.

Avec le recul, je me dis que tout le monde vient d'Afrique. Nous sommes tous des homo sapiens, que l'on soit gay, noir, arabe, catho, juif, manouche, asiatique... Je sens que j'étais si aveuglé durant ces quelques années, que j'en ai perdu mon enfance, et mon adolescence. Malgré tout, j'aurais pu avoir une vie épanouie, et j'aurais pu m'en sortir, magré tout... Aujourd'hui, il est trop tard pour regretter, car c'est demain que mon duel entre un redskin, skinhead antifasciste, et moi, va s'annoncer. Je suis fatigué, usé, ma jambe est blessé, et c'est un duel à mort, car je l'ai voulu, pour ma cause, ma putain de cause, qui m'a détruit, volé, tué. Ma courte vie est une leçon à prendre, l'intolérence, le racisme, et la haine, m'ont poussé à bout de force, ont sucé les moindres instants heureux de ma vie pour les remplacer par des slogans néo-nazis et des signes de mains à haïr.

Je m'appelle Purity Lett, et j'ai sacrifié une des choses les plus précieuses sur cette Terre pour une cause qui ne mène qu'à la chute, mon humanité.

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# Posted on Thursday, 25 December 2008 at 4:19 PM

Edited on Friday, 26 December 2008 at 7:49 AM